Général
1886 — 1950
À retenir
Chef des U.S. Army Air Forces, Henry H. Arnold organise leur expansion mondiale et supervise les campagnes aériennes contre l’Allemagne et le Japon. Son action prépare la création d’une armée de l’air américaine indépendante.
Jeunesse et formation
Né en Pennsylvanie en 1886, Henry H. Arnold sort de West Point en 1907. D’abord officier d’infanterie, il apprend à piloter auprès des frères Wright en 1911 et devient l’un des premiers aviateurs militaires américains. Plusieurs accidents provoquent chez lui une peur du vol qu’il parvient à surmonter. Pendant la Première Guerre mondiale, il occupe surtout des fonctions d’organisation et acquiert une expérience précieuse de la production, de l’instruction et de la logistique aériennes.
Parcours avant-guerre
Dans l’entre-deux-guerres, Arnold soutient l’autonomie de l’aviation militaire et reste proche de Billy Mitchell, au risque de compromettre sa carrière. Il commande différentes bases et unités, suit les écoles supérieures de l’armée et construit un réseau d’officiers comprenant Carl Spaatz et Ira Eaker. En 1938, après la mort du général Oscar Westover, il devient chef de l’Air Corps.
Face à la montée des tensions internationales, Arnold accélère la formation des équipages, l’agrandissement des bases et la production d’appareils. Il encourage le développement des bombardiers lourds, la recherche sur les réacteurs et la coopération avec l’industrie. Cette préparation reste incomplète en 1941, mais elle fournit les fondations de l’expansion gigantesque qui suit.
Seconde Guerre mondiale
1941–1942 : construire une force mondiale
En juin 1941, Arnold prend la tête des Army Air Forces nouvellement organisées. Après Pearl Harbor, il siège auprès des chefs d’état-major et défend une aviation capable d’agir sur tous les théâtres. Les effectifs, les écoles et la production augmentent à une échelle sans précédent. Arnold délègue les commandements opérationnels, mais conserve un contrôle étroit sur les priorités, les hommes et les matériels.
Il soutient le bombardement stratégique de l’Allemagne depuis la Grande-Bretagne, tout en fournissant des forces à la Méditerranée et au Pacifique. L’expérience de 1942-1943 montre que les bombardiers ne peuvent pas pénétrer durablement sans escorte. L’arrivée de chasseurs à long rayon d’action, notamment le P-51, contribue ensuite à obtenir la supériorité aérienne au-dessus de l’Europe.
1943–1945 : Allemagne et Japon
Arnold participe aux grandes conférences alliées et veille à maintenir l’autonomie opérationnelle de l’offensive aérienne. Les bombardements détruisent une partie de l’industrie et des transports allemands, mais causent aussi des pertes civiles massives. Leur efficacité et leur coût humain demeurent au cœur des débats historiques.
Contre le Japon, Arnold fait du B-29 une priorité. Les premières missions depuis la Chine donnent des résultats limités ; les bases des Mariannes offrent ensuite une meilleure position. Il remplace Haywood Hansell par Curtis LeMay, qui adopte les bombardements incendiaires à basse altitude contre les villes japonaises. Les B-29 larguent également les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, opérations exécutées dans une chaîne de décision politique et militaire dépassant Arnold seul.
Santé, après-guerre et héritage
Soumis à une pression extrême, Arnold subit plusieurs crises cardiaques pendant la guerre. Promu général cinq étoiles en décembre 1944, il quitte le service actif en 1946. Il contribue à la création du projet RAND et soutient l’établissement d’une armée de l’air indépendante, réalisé en 1947. En 1949, son grade devient celui de General of the Air Force, distinction unique.
Arnold meurt en 1950. Son héritage tient moins à un commandement tactique qu’à la construction d’une institution : il transforma une aviation encore subordonnée et limitée en force mondiale. Ce succès doit être évalué avec les innovations qu’il encouragea, mais aussi avec les choix stratégiques et les destructions causées par la guerre aérienne.
Sources
- Air Force Historical Research Agency
- Wesley Frank Craven et James Lea Cate (dir.), The Army Air Forces in World War II, University of Chicago Press.